#15 THE UPSIDE DOWN

Wesh mes petits mangeurs de saucisses (et les autres),

Suite au dernier article au sujet des discriminations rencontrées, et affichées sans complexe sur les sites/app de rencontre LGBT+, qui a été relayé par YAGG (merci beaucoup au passage vous avez explosé la fréquentation de ce torchon de blog ^^ (d’ailleurs abonnez vous à Yagg et faites un don!)), et qui a été vivement et ardemment critiqué par ces messieurs:

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On vous voit

Je me suis dit qu’il était temps de remettre une grosse couche baveuse moralisatrice et bien pensante sur tous ces petits trolls d’internet qui pensent que, parce qu’ils sont tranquilles derrière leurs écrans, ont le droit de dire et faire n’importe quoi. Merci l’anonymat des torses et des photos de plage.

Aujourd’hui on va donc retourner sur mon endroit préféré de la terre: GRINDR. Ou comme j’aime l’appeler désormais, le « Upside Down » en référence à la génialissime série Stranger Things (sorte d’univers parallèle froid et toxique où vivent des créature des plus effrayantes selon la def d’Allociné).

Entre discriminations décomplexées, harcèlements en ligne et autres comportements envahissants, l’ambiance qui règne sur l’app du sexe facile pour certains, peut vite tourner au deal breaker le plus total.

I. L’EMPIRE GRINDR

Avant de rentrer dans le sujet (et pas autre chose), un petit point explicatif et informatif pour les copains hétéro qui ont le plaisir de nous lire de temps en temps (des bisous).

Le site BOYS.ONE  présente l’application comme suit:

« Grindr est une application de rencontre géolocalisée qui s’adresse spécifiquement aux Gays et bisexuels [je rajoute aux hétéros curieux ou toute personne souhaitant voir des dick pics à foison]. Son but est d’aider ses utilisateurs à faire des rencontres dans leur région.

La force de l’application est son offre de géolocalisation qui permet de trouver d’autres utilisateurs à proximité [des fois à des distances inquiétantes…]. Pour cela, elle s’appuie sur les fonctionnalités des appareils mobiles (smartphone et tablette). Ainsi, l’interface utilisateur affiche une grille de photos des hommes selon leur éloignement. En tapant sur une image, on voit le profil de cet utilisateur et on a la possibilité de discuter directement avec lui, envoyer des photos et se donner rendez-vous »

Dans la pratique, ça devrait donc se présenter comme ceci (photo non contractuelle tirée d’internet avant qu’on vienne me disputer):

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Plein de beaux garçons souriants aux corps de rêve et aux regards brûlants.

Dans les faits ça ressemble plutôt à ça:

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Photo non contractuelle bis

Plein de torses saillants aux regards brûlants et aux sourires ravageurs.

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que le but de cet article ce n’est pas de basher l’application de Joel Simkhai. Au contraire! celle ci est pour moi l’une des meilleurs inventions et avancées technologiques dont la communauté homosexuelle masculine, et bi dans une certaine mesure, a pu et su bénéficier en long en large et en travers depuis les 20 dernières années.

La raison principale pour moi étant que Grindr, a énormément facilité les intéractions entre hommes gays, bis, hétéro curieux, cis/trans, à travers le monde entier (l’appli est déployée dans pas moins de 192 pays et jouit d’un peu plus d’un million d’utilisateurs par jour… on est loin de 10M de Tinder mais c’est tout de même respectable).

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En dehors du caractère sexuel évident, l’app permet aussi de répondre à un besoin identitaire en facilitant le contact et les échanges. La nature de ces échanges et surtout la façon dont ils sont mis en avant… c’est un sujet qui peut être discuté.

L’impact de Grindr dans la communauté LGBT+ et hétéro est bien présent, à tel point qu’on peut trouver des références à l’application dans des séries mainstream comme 2 Broke Girls, Family Guy, et récemment Broad City (Ilana <3)

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Know that feeling

Ce qui est surprenant (voire déconcertant), c’est l’extrême rapidité avec laquelle l’application est venue se greffer dans notre quotidien, et avec elle, tout un tas de comportements que je trouve désastreux, mais qui se sont peu à peu normalisés et devenus acceptables. L’appli a en effet vu le jour en 2009 (il y a seulement 7 ans!!!), et est née, en plus du besoin identitaire mentionné précédemment, de l’envie de simplifier notre façon de consommer et d’explorer notre sexualité, puisque in fine, c’est bien de ça qu’il s’agit.

Pour info, l’appli a été créé par ce monsieur, qu’on appelle aussi le Zuckerberg du cul tellement il a révolutionné notre façon de « draguer ».

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Joel Simkhai, guru du cul, maître de nos fins de soirée

II. LE VRAI VISAGE DU UPSIDE DOWN

Alors ok, Grindr c’est cette pépite technologique qui aujourd’hui, nous évite de faire du cruising comme faisaient nos copains LGBT+ à l’époque (je dis à  l’époque bien que ça se fasse encore aujourd’hui dans une moindre mesure), de devoir galérer dans une ville à trouver le moindre bar (SANS GOOGLE MAPS) pour rencontrer du monde, de traîner dans des endroits « peu fréquentables » mais bien identifiés et considérés comme des « zones de drague » à la recherche d’une conquête occasionnelle et anonyme. Elle a donc un intérêt certain, voire essentiel pour beaucoup d’entre nous.

Malheureusement c’est aussi l’endroit où la « drague » s’est transformée en une sorte de marché impitoyable et ultra saturé, où les « hors norme » trouvent rarement leur place. Ou du moins c’est ce qu’on pense.

Mais s’est elle réellement transformée ? Et si oui, est ce la faute des applications ? Est ce Grindr qui dicte les codes du virtuel que nous avons tous adoptés, et qui justifient des comportements qui seraient condamnés dans d’autres situations?

II.1 DRAGUE OU MARCHANDAGE

Bon… la question est difficile. Pour ça il faudrait déjà savoir ce qu’on définit comme étant la drague. Pour Erwin Goffman dans L’Arrangement des sexes  « la drague est pour le sens commun une technique de rapprochement qui se faufile dans les conventions de l’interaction et de la conversation : le tact et la réserve, l’empiètement et le jeu des apparences »

La drague est intéressée, elle se différencie de la sociabilisation par cette notion de désir.

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Michael Pollak et André Béjin, décrivent le modèle de la drague homosexuelle dans les années 70  dans « La Rationalisation de la Sexualité » comme suit:

« La drague homosexuelle traduit une recherche d’efficacité et d’économie comportant, à la fois, la maximisation du ‘rendement’ quantitativement exprimée (en nombre de partenaires et d’orgasmes) et la minimisation du ‘coût’ (la perte de temps et le risque de refus opposés aux avances) » 

Dans les années 80, dans « L’homosexualité masculine ou: le bonheur dans le guetto? » Pollak décrit déjà l’homosexualité comme une carrière à part entière, et la sexualité comme un marché. Marché qui selon moi grandit, et fait du profit (littéralement).

Dire que les applications de rencontre d’aujourd’hui, comme grindr, hornet, tinder etc ont rendu la drague homosexuelle (ou bi), impitoyable, difficile, déshumanisante, etc… c’est faire l’autruche sur des comportements assez obscurs qui ne sont pas inhérents aux nouvelles technologies mais plutôt intériorisés en chacun d’entre nous depuis bien des années. D’ailleurs, certaines applications l’ont très bien compris et jouent le jeu de façon complètement assumée… n’est ce pas?

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II.2 GRINDR MADE ME DO IT

Mais quels sont ces comportements et ces attitudes détestables qu’on peut rencontrer sans complexe sur ce type de plateforme ?

II.2.1. OPPRESSION IS NOT A SEXUAL PREFERENCE

Le premier est bien sûr toute forme de rejet affichée et proclamée comme étant une préférence, et dont j’ai largement discuté ici. Je ne vais pas revenir là dessus car l’article était assez clair, sauf pour les personnes qui ont voulu lire ce qu’ils voulaient lire.

D’autant plus que, si on accepte le postulat « on est sur grindr pour baiser », il faut m’expliquer en quoi la couleur de peau ou l’âge d’une personne sont des paramètres proportionnels à l’orgasme atteint… je cherche encore et j’adore les maths.

Je compléterai juste en disant que, si dans un premier temps je demandais aux gens, à défaut de se remettre en question, de réfléchir à ce qu’ils projettent aux autres, ils devraient en fait laisser leurs profils oppressifs tels quels, pour qu’on puisse les repérer plus facilement. Au moins, on est prévenus.

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II.2.2. « PAS DE RÉPONSE C’EST UNE RÉPONSE »

On dit que l’indifférence est le pire des mépris… cette phrase perd en fait tout son sens quand on arrive sur le monde pervers des applications et sites des échanges virtuels, tant le concept d’ignorer l’autre est maîtrisé et accepté (j’en suis moi même un expert).

On pourra lire sur beaucoup de profils « pas de réponse est une réponse » ou « pas de réponse n’est pas une réponse, c’est un manque d’éducation »… comme le profil ci dessous:

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Visiblement sa maman lui a appris à répondre aux inconnus sur Grindr de façon polie pour refuser leurs avances. Je dis bravo.

Le fait est que les deux camps se livrent la guerre sur internet. Les uns estimant que le monde virtuel ne correspond pas au monde IRL (in real life), et que donc ignorer un « bonjour » est tout à fait légitime, surtout lorsqu’il n’est pas désiré. Les autres estimant qu’une réponse, même négative est nécessaire.

Le sujet est polarisant car les deux camps peuvent avoir raison selon les circonstances.

C’est vrai, ne pas répondre à un « salut » ou un « compliment », peut être mal perçu par la personne de l’autre côté de l’écran. Mais est ce une raison suffisante pour devoir répondre à chaque sollicitation en ligne? que faire surtout lorsque ces sollicitations sont pour le moins intrusives et envahissantes? Je pense aux « slt tu ch » à répétition qui ont remplacé les « asv » par exemple, ou les « slt cho » qui sous entendent que t’es un radiateur, ou le « act ou pass » qui arrive très souvent dans les premières lignes des échanges!

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OK, c’est du virtuel, il y a des codes. Mais tout comme tu as la liberté de harceler qui tu veux, il faut accepter aussi que la personne en face décide de ne pas t’accorder l’attention réciproque que t’attends, voire, qu’elle te rejette parce que t’es lourd (et c’est la seule raison valable pour rejeter quelqu’un de façon violente), ou PIRE ! qu’elle te bloque (ouch).

Voici selon moi les raisons qui justifient qu’on ne réponde pas (ou plus) à un profil:

  • Malheureusement (et ça arrive), le mec n’est pas à ton goût

Oui oui c’est superficiel… mais n’est ce pas donner de faux espoirs à l’autre que de laisser la porte ouverte? Mon expérience, est qu’il vaut mieux ne pas se lancer dans des échanges creux, au risque de réveiller le démon qu’il y a en face, pour preuve les échanges suivants (moi en jaune, le charmant monsieur en bleu):

Donc non seulement c’est ma faute de m’être fait aborder et qu’on me fasse des propositions qui ne m’intéressaient pas, mais en plus mon mec (qui n’a rien demandé) se fait traiter d’huître en phase terminale… alors qu’on DÉTESTE LES HUÎTRES 😥

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  • Le mec est méga lourd du type, « slt t cho t dispo quand t act pass? »
  • Le mec te dit qu’il est act XXL ou Power btm avant même de te donner son prénom

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  • Le mec n’a pas de photo (franchement…. envoyez au moins une photo au premier message, ne vous plaignez pas que grindr déshumanise si déjà vous même vous ressemblez à un torse ou à une plage en bretagne).
  • Le mec est ultra envahissant (on a tous une vie en dehors de grindr alors les slt slt slt slt slt ça va 2 min)
  • Le mec t’envoie une dick pic sans que tu l’aies demandée (on y reviendra un peu plus loin)

Si le mec remplit 2 ou plus catégories ci dessus, je prends la fuite ma chérie.

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Si nous étions dans la rue, ça s’appellerait du harcèlement de rue. Sur internet, pas de surprise ça s’appelle le harcèlement en ligne. Personne s’en plaint cependant, et c’est même accepté pour les raisons que j’évoque plus loin.

II.2.4. « COUCOU TU VEUX VOIR MA BITE »

Margaret Cho appelle Grindr « le GPS de la bite », et croyez moi, ça porte très bien son surnom. Honnêtement, il ne se passe pas un seul jour sans qu’on vienne agiter devant moi des photos de verges, pas spécialement mises en valeur, sans âme, insipides, molles, bref… pas nécessaires.

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Détrompez vous, je n’ai rien contre une bonne dick pic. Je trouve d’ailleurs le concept fascinant. Oui mais à condition que ce soit dans un échange consentant. Or… imposer sa teub à l’autre sans qu’il l’ait expressément demandé, c’est aussi une forme de harcèlement. Genre… qui fait ça pour dire bonjour franchement?? (attention image choquante)

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censuré pour des raisons évidentes

Honnêtement, si je voulais voir des (jolies) teubs, j’irais chercher du porno sur le net, comme tout le monde. Pour le coup je l’aurais choisi et ce serait fait selon mes termes.

Ça ne vous viendrait pas à l’esprit de sortir votre chichi pour dire bonjour à quelqu’un dans un bar, ni faire un grand écart pour montrer votre nunuss en disant bonjour. Alors pourquoi le faire sur le monde virtuel ?!

Le problème, c’est d’un côté l’anonymat que procure l’application, car cachés derrière un torse, un paysage ou une paire de lunettes, on perd toute retenue et notion de sociabilisation. Ensuite, tout comme dans la culture du viol, ce type de harcèlement en ligne est normalisé et justifié par beaucoup de gens en évoquant tour à tour les mêmes mécanismes de défense des comportements typiques de prédateurs sexuels:

  • La condition humaine :  « on est des mecs on peut pas aller contre nos pulsions »
  • La fatalité: « c’est grindr c’est comme ça et pas autrement » (CF échanges avec le mec huître)
  • La résilience: « être choqué une fois, deux fois, puis trouver ça habituel et ne rien dire »
  • La tradition: car certes, dans les zones de cruising ou autres lieux dédiés au sexe, et dans certaines circonstances, montrer ses attributs font partie du jeu de la séduction.
  • Le blâme de la victime: car oui, puisque Grindr est fait pour ça, c’est TA faute si t’es offensé par les bites qu’on t’envoie. (CF échanges avec le mec huître)

Toutes ces justifications contribuent à rendre le geste acceptable, or c’est tout de même assez problématique d’arriver dans un endroit (que ce soit virtuel ou IRL) et se sentir mal à l’aise car certains ont des comportements gênants.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne dis pas qu’envoyer une dick pic non sollicitée constitue un viol comme on l’entend traditionnellement (même si la définition évolue au fil des années), mais certains mécanismes pour accepter et banaliser ce type de harcèlement sexuel se retrouvent dans les deux situations et ne sont pas complètement dissociés.

Alors la dick pic, OUI BIEN SUR, mais toujours sur demande et avec consentement! Je vous mets ici un récap pour savoir quand il est acceptable d’envoyer une photo de votre pénis:

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College humor

III. LE PARADOXE GRINDR

En vérité, les applications de rencontre comme grindr ne sont pas intrinsèquement bonnes ou mauvaises. Elles sont juste de nouveaux outils que nous avons appris à maîtriser et dont on arrive à tirer plus ou moins profit selon nos envies, profils, attentes, etc.  Une nouvelle interface pour les interactions humaines qui… malheureusement… font ressortir le Demogorgon qui sommeille en nous de temps à autres. Entre rejet violent de l’autre, harcèlement en ligne et autres messages corrosifs et agressifs… l’ambiance sur grindr peut vite devenir très toxique et oppressante.

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Ceci est un Demogorgon et non pas une photo d’anus sur grindr

Cependant, dire que les app ont ruiné les façons de séduire et construire des relations durables, c’est un peu hypocrite si on n’a pas conscience des comportements et attitudes dont nous sommes les seuls responsables. Ce ne sont pas les app qui dictent les comportements que nous devons avoir et ce qu’on doit projeter envers les autres. Elles devraient au contraire nous pousser à nous montrer sous notre meilleur jour pour plaire et attirer l’autre.

Ce qui est paradoxal, c’est que pour une application qui est considérée par beaucoup comme LE moyen pour avoir des relations sexuelles sans complications, il soit en fait quasi impossible pour chacun de trouver son plaisir tellement les décalages entre les attentes et les attitudes des gens sont marqués.

Des critères comme l’âge, la couleur de peau, le statut social, la taille du sexe, le poids, etc etc… tous les paramètres qui en fait viennent contredire le fameux « on est là pour ça ». Car au final, libération et épanouissement sexuel oui, mais archi conditionné par tout un tas de paramètres sociaux dont on n’arrive pas à se détacher.

Bien sûr, Grindr a ramassé depuis le temps son tout plein de controverses pour pas mal de raisons, notamment l’insupportable normalisation de comportements oppressifs dont j’ai déjà parlé précédemment… mais comme Joel Simkhai l’a dit à plusieurs reprises… il n’est pas maîtresse d’école et ce n’est pas son job de nous obliger à nous comporter comme des êtres humains. A nous de prendre les choses en main comme des grands garçons.

Des grands garçons hyper coquins mais conscients.

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Links:

Should you send a dick pic ? a guide for men

11 annoying things guys need to stop doing on grindr

How grindr turned me into an asshole

Drague et cruising – Géométaphores d’un mouvement exploratoire 

The sex education of Grindr’s Joel Simkhai

Are you obligated to respond to a grindr message?

Grindr: everything thats wrong in the gay world?

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