#13 HOMOPHOBIOL

Wesh mes bébés,

Le 17 mai dernier c’était la journée internationale contre l’Homophobie et les Transphobies et je m’étais promis d’écrire quelque chose sur le sujet… mais comme toujours je me suis laissé déborder par des choses beaucoup moins importantes et complètement chiantes.

Du coup, je fais un rattrapage car il n’est jamais trop tard pour sensibiliser sur ces problématiques.

Avant d’aller plus loin j’annonce que cet article est plutôt axé Homophobie que Transphobie. Je n’exclus pas pour autant les réalités trans du tout, mais j’estime que le sujet mérite d’être abordé séparément pour être le plus clair possible.

I. HERSTORY

Petit rappel historique: La première journée de lutte contre l’homophobie  (IDAHO : « International Day Against Homophobia ») a été célébrée le 17 mai 2005, soit 15 ans jour pour jour après la suppression de l’homosexualité de la liste des maladies mentales de la classification internationale des maladies publiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Souvenez vous, l’homosexualité était encore considérée jusque là comme une paraphilie, c’est à dire une déviation de l’excitation sexuelle, d’où le terme déviant employé fréquemment de manière assez péjorative, pour désigner quelqu’un dont les intérêts sexuels sont « inhabituels ». Un peu comme cette nana :

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Depuis 2005 donc cette journée est l’occasion de se mobiliser sur les problèmes liés à l’homophobie et à la transphobie par le biais de colloques, de manifestations de rue ou d’événements artistiques qui se déroulent un peu partout dans le monde.

Sur Paris notamment, nous avons eu droit à des mobilisations assez animées de plusieurs associations militantes pour défendre les droits de la communauté LGBT+ (AIDES, Inter-LGBT, Fières, etc.), des conférences, des projections de films et autres soirées organisées un peu partout, dans le but de mettre en lumière les nombreuses inégalités et violences dont on peut être encore victime en France.

II. HOMOPHOBIA OR NOT HOMOPHOBIA ?

Telle est la question… en discutant récemment avec quelques amis hétérosexuels, je me suis aperçu que l’homophobie (comme toutes les autres formes de rejet de la différence d’ailleurs), est présente constamment dans notre quotidien, même dans nos cercles proches de personnes qu’on considère pourtant éveillées à ces problématiques.

Le problème, c’est qu’elle se présente sous un nombre incalculable de formes, plus ou moins visibles, plus ou moins avouées, mais qui aujourd’hui sont complètement admises et acceptées en société. On va donc faire un petit tour plus loin dans cet article,  d’un certain nombre de petites choses qu’il faut arrêter de faire et/ou dire pour ne pas passer pour un gros homophobe tout méchant, et essayer de casser pas mal d’idées préconstruites.

Mais avant, définissons ce qu’est l’homophobie. Selon SOS-Homophobie, elle « désigne les manifestations de mépris, rejet, et haine envers des personnes, des pratiques ou des représentations homosexuelles ou supposées l’être« . La dernière partie est intéressante SOS-HOMOPHOBIEpuisque effectivement, beaucoup de personnes se retrouvent confrontées à des attaques homophobes, liées directement à toute une flopée de préjugés  absurdes sur les apparences et les comportements du type « le mec est maniéré –> il suce », « cette fille ne se maquille jamais –> c’est une grosse gouine ». Au nom  de la liberté de ressembler à ce que vous voulez, même à rien, il faut arrêter ça.

Je rajouterai à cette définition, tout autre sentiment négatif à l’encontre d’une personne identifiée ou perçue comme homosexuelle. Que ce soit de l’antipathie, des préjugés, le dégoût, la commisération et surtout la peur qu’elle soit rationnelle ou non.

Cette dernière étant d’ailleurs en général la source d’éclats de violence et de maltraitance assez disproportionnés envers les personnes LGBT+.

Mais peur de quoi au juste ? Est ce en fait une peur de se retrouver face à un pénis lorsqu’on est un homme hétérosexuel ? Auquel cas il existe déjà l’ithyphallophobie qui est la peur de voir des pénis en érection (gâchis…).

Ou encore la peur que l’homo en question soit plus attirant et mieux habillé que vous? (clichés… mais ça peut arriver). En réalité, rien ne justifie qu’on puisse avoir peur d’une autre personne à cause de son orientation sexuelle. Rien si ce n’est les institutions et les codes de la société dans laquelle on évolue.

La vérité c’est que la peur n’est pas  réellement (ni consciemment) dirigée envers l’homosexualité à proprement parler, mais repose plutôt sur la fragilité de l’hétérosexualité et son hégémonie sur le prisme des sexualités  qui existent aujourd’hui, et le risque de voir tout partir en éclats. En effet, l’homophobie est en fait une réponse « naturelle » face à ces femmes et hommes qui viennent remettre en question le modèle hétéronormé basé sur la suprématie masculine (et blanche) dans tous les milieux. Les hommes homosexuels d’un côté, en mettant en cause les concepts de masculinité et en intégrant sans honte ni rejet des caractéristiques typiquement associées aux femmes comme la sensibilité ou la chaleur, et les femmes homosexuelles d’un autre en rejetant l’idée que leur statut est et/ou doit être défini par un homme auquel elles devraient être attachées. Tout ça vient remettre en question le système renforcé par les écoles, la famille, l’église, le gouvernement, les entreprises etc etc… et incite donc certains à répondre avec des réactions plus ou moins violentes.

On reconnaît d’ailleurs deux types d’homophobie qui sont :

L’homophobie institutionnelle, qui est celle en général relayée par des institutions telles que l’église (religions), les gouvernements et les législations qui pénalisent les actes homosexuels dans certains pays, les médias qui renvoient des images négatives et stéréotypées des homosexuels, et même les professions médicales qui vont jusqu’à rejeter les homos dans certaines situations (pensez don du sang).

Et puis on retrouve l’homophobie interne, celle qu’on voit au sein de la communauté entre homosexuels homonormés et les autres qui assument et/ou s’infligent leurs propres stéréotypes.

III. DOS AND DONTS HENNY

En décrivant l’homophobie ainsi, on s’imagine qu’à notre niveau, lorsqu’on est conscients de la situation, on échappe à ce type de comportement qu’on imagine plutôt chez des personnes non éveillées sur le sujet,  et qu’on peut ainsi aborder le label gay friendly sans aucun problème.

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Pour vous montrer, j’ai listé ci dessous de petites phrases et gestes qu’on a l’habitude d’entendre et vivre nous autres « du milieu », et qui sont en fait complètement homophobes et transpirent le rejet (bien sûr je vous explique pourquoi). Le but ce n’est pas de faire du homophobic shaming, mais de vous faire prendre conscience et vous inciter à arrêter de le faire si jamais vous vous sentez concerné par l’une ou l’autre.

  • « C’est cool tu fais pas du tout pédé/homo/gay »

Alors… je pense que sans aller très loin vous savez pourquoi cette phrase est insupportable. Déjà, faire pédé ça ne veut rien dire. On peut être efféminé, s’habiller n’importe comment, adorer écouter Rihanna et être un bon gros hétérosexuel. TRUST ME !

Ce qui est moche c’est que cette phrase renvoie au fait qu’être gay, ou être assimilé gay, c’est forcément quelque chose de négatif. Or… qui de plus fabuleux que nous ?!

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Désormais on arrêtera d’utiliser le mot gay, homo, pédé, pour décrire tout un tas de choses sans corrélation aucune et qui vous inspire des choses négatives. Soyez tolérant envers tout, sauf envers les homophobes.

  • « Ça devrait te plaire toi t’es gay »

La bible gay n’existe pas encore à ce que je sache, le baby gay jesus n’est pas encore né. Donc, il n’est écrit nulle part ce qu’un homo devrait aimer ou pas, porter ou pas, manger ou pas, etc… Comme pour rejoindre la remarque précédente, un homo ne sera pas forcément content que vous l’emmeniez voir un spectacle de patinage artistique, d’ailleurs…. qui fait ça ?!

  • « C’est quoi comme soirée? »

C’est celle que j’entends le plus souvent quand on propose à des amis hétérosexuels de rejoindre nos petites sauteries pleines de pédés. Une soirée de pédés c’est une soirée où on danse sur de la musique trop cool, on boit tout ce qui est buvable dans la pièce, on se drogue ou pas selon les envies de chacun, on parle pour refaire le monde, on fait claquer un ou deux grands écarts, on twerk à fond quand Rihanna est là, et de temps en temps, on voit des roulages de pelles entre personnes du même sexe. Est ce qu’il y a raison à s’inquiéter à chaque fois ? Encore une fois, d’où vient la méfiance ? d’où vient la peur ?

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HENNY ! There aint no party like a gay gay party

Le prochaine fois dites oui sans hésiter ou prétextez une autre soirée mais évitez vous la gêne mutuelle !

  • « Tu peux pas comprendre t’es pas hétéro »

S’il faut être hétéro pour dire ce genre de phrases… effectivement je ne peux pas comprendre.  La vérité c’est que cette phrase  renvoie automatiquement au fait qu’un homosexuel a tout de suite moins de valeur, et est moins apte à faire des choses qu’une personne hétérosexuelle, ce qui aujourd’hui est un préjugé communément admis.

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  • Faire ou Continuer à rire des blagues sur les pédés

Pitié arrêtez. Je suis pas du tout un partisan du politiquement correct, et j’estime qu’on est capables de rire de tout, OUI MAIS pas n’importe comment. Il n’y a aucune raison qui me force à  rigoler sur des blagues qui continuent à renforcer les stéréotypes et qui rappellent des systèmes d’oppression encore d’actualité, et vous non plus! C’est également valable pour les blagues racistes, sexistes, xénophobes, etc…

Si vous voulez faire une blague sur les pédés, faites une blague intelligente, montrez donc que vous avez compris et cassez moi donc ces préjugés! Comme dirait Franchesca Chescaleigh, on construit un monde meilleur donc faites des meilleurs blagues!!

IV. HOMOPHOBIOL

AIDES a lancé récemment Homophobiol pour aider à lutter contre l’homophobie. Je ne vais pas m’étaler sur le sujet qu’on a déjà assez vu dans les médias (vous avez un lien vers un article konbini plus bas).maxresdefault (1) Mais cette campagne me fait penser qu’effectivement, une cure contre l’homophobie ne serait pas de trop pour aider à construire ce monde meilleur dont je parlais juste au dessus. Vous imaginez si à la place de dire: « on peut te guérir de ton homosexualité » on pouvait dire « on peut te guérir de ton homophobie » ? LE PIED !

L’homophobie n’est pas innée, elle nous est apprise par la société dans laquelle on évolue, mais à la différence de l’homosexualité on peut choisir de s’en défaire 😉 et ce n’est pas plus mal. Mon conseil pour éviter de se retrouver dans des situations gênantes: avant de dire des choses qui pourraient vexer certaines personnes, essayez donc de remplacer le mot gay par noir ou juif, je vous promets que ça évite de dire des conneries.

Car oui, n’oubliez pas que l’intention n’efface pas l’impact, et que même si vous êtes une personne pleine de bonne volonté, vous n’êtes pas à l’abri de dire ou avoir des gestes homophobes, et on vous le pardonnera du moment que vous vous en rendez compte que vous vous en excusez.

Links:

Why straight men are right to be afraid of homosexuality

Homophobia – What is homophobia?

Homophobia – Wiki

25 things you souldnt say if you dont want to sound homophobic

Homophobiol

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