#11 SHOW GIRLS

Wesh ratchet, campy, beauty, funny, pageant, cheap, hairy, femme queens (et les autres),

Il fut un temps où j’avais le temps d’écrire des articles pour ce blog… mais ça… c’était avant.

Cela dit, la saison 8 de Rupaul’s Drag Race vient de commencer, et nous sommes toutes hystériques après avoir regardé le premier épisode n’est ce pas?

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Ce qui me donne un prétexte facile pour écrire sur un sujet que j’affectionne tout particulièrement: Les Drag Queens (YAS MAMA).

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Alors avant de commencer, puisque ce blog se veut éducatif, instructif et formateur, éclaircissons quelques points.

Tout d’abord, qu’est ce qu’une Drag Queen ? Si vous me posez la question, je vous dirai que ce sont des créatures enchanteresses qui hantent/émerveillent vos nuits et vous entraînent, si vous les laissez faire, dans une glissade pailletée et colorée vers la joie et le bonheur (et plus si affinités).

Mais ici on parle technique, on parle carré, on parle aussi pour les hétéros.

1) ETYHOMOLOGIE:

Une Drag Queen ce n’est pas:

  • Un travelo
  • Une travelotte
  • Un vélo

Le mot Drag Queen, est composé de Drag, dont l’origine est débattue (19e siècle), et fait allusion aux vêtements/habits associés à un genre, lorsqu’ils sont portés par le genre opposé. Dans ce sens, toute personne (genres et orientations sexuelles confondues) peut donc faire du drag. On trouvait à cette époque, et c’est encore le cas aujourd’hui, beaucoup de drag dans le monde du théâtre, de l’opéra, du cinéma et des arts en général.

fm46En ce qui concerne le mot Queen (on parlera ailleurs sur ce blog de l’étymologie un peu péjorative du terme)  il désigne en général un homo efféminé.

Drag Queen est donc un terme utilisé couramment aujourd’hui pour désigner une personne (en général un homme), qui se travestit dans le but de faire du spectacle, de divertir, d’épater, d’être vu etc. par des performances alliant l’humour, le lip sync, la danse, l’imitation,  etc etc en fonction de ses talents et capacités, sans forcément tout mélanger à la fois. Beaucoup de Drag Queens se servent par ailleurs de leurs alter-égo féminins comme des moyens d’auto expression d’une partie (ou l’ensemble) de leurs personnalités.

ON NE DIT DONC PAS à une Drag Queen, que c’est un simple travelo ou une travelotte. Non seulement parce que le terme a une connotation très péjorative et peut donc vite être offensant, mais surtout parce que, même s’il est vrai que techniquement, une Drag Queen est travestie (le terme drag), l’inverse n’est absolument pas vrai. Un homme qui aime s’habiller avec des vêtements « féminins », considéré comme travesti, n’a pas forcément vocation à faire des grands écarts sur une scène avec un fond de Beyoncé. Vous voyez la nuance?

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SLAY THAT SPLIT GUUURL

2) HERSTORY

Pour le côté historique, si on considère que les types qui faisaient du drag au théâtre, à l’époque où c’était interdit aux femmes (vive la journée de la femme au passage…) étaient des Drag Queens, alors elles existent depuis très très très longtemps. 19eme siècle donc, dès l’apparition du terme drag, qui viendrait selon la rumeur, de la façon dont les hommes laissaient traîner leurs jupes derrière eux. On les voyait apparaître dans le théâtre Shakespearien ou dans le théâtre classique chinois par exemple.

En fait, les drag queens comme on l’entend aujourd’hui, ont toujours existé au sein de la communauté LGBTQ, elles étaient juste moins visibles car, même au sein de la communauté elles étaient très discriminées, voire maltraitées (souvenez vous, homo à l’époque = groupe subversif = dangereux –> prison + bastonnage, c’était encore pire pour nos ami(e)s travesti(e)s et queens).

Les drag queens contemporaines, ont commencé à devenir de plus en plus visibles dans les années 80, époque où la culture gay a commencé à surgir et rentrer dans le mainstream. Mais en réalité, c’est à la fin des années 60, suite aux événements de Stonewall (j’en parlais ici) que celles ci ont commencé à s’assumer et à avoir plus d’estime et de reconnaissance de la part du gay world, notamment grâce à leur rôle très important dans le déclenchement des émeutes. Pas de Drag Queens, pas de droits pour les homos aujourd’hui en somme.

3) DRAG PERFORMERS

Il y a eu beaucoup de Drag Queens célèbres tout au long de la courte histoire des queens contemporaines. Ce n’est pas le but de cet article de faire leur biographie, mais pour la culture de nos amis homos et hétéros, les deux à connaître à minima selon moi:

Divine

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Divine – Pink Flamingos 1972

L’une des Drag Queens les plus connues dans la culture occidentale, même si à la base venant d’une culture complètement underground, c’est Divine (Harris Glenn Mistead), et elle doit tout à CES SOURCILS !!!! non, en vrai, Divine est très connue pour être une grande amie de John Waters, pour qui elle a joué dans de nombreux films, Pink Flamingos pour n’en citer qu’un, et qui a encore aujourd’hui des fans qui y vouent un véritable culte. Elle a également incarné le personnage de Edna Turnblad, la mère de Tracy dans Hairspray (la version de 88 pas celle avec Travolta), réalisé également par Waters.

Divine était trash, obscène, étrange, drôle, talentueuse et fabuleuse bien sûr. Bref, tout ce qu’on aime.

La rumeur dit, que le personnage d’Ursula dans la petite sirène aurait été inspiré par Divine. Vous voyez pourquoi? Ces drag queens sont vraiment partout.

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Rupaul

Bien sûr que je vais parler de Rupaul, tout cet article n’est d’ailleurs qu’une suite logique d’informations pour en arriver là.

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Celle par qui ma passion pour les drag queens est née.

Rupaul (Rupaul André Charles de son vrai nom), est certainement la Drag Queen la plus connue et célèbre dans la pop culture d’aujourd’hui. Elle a réussi à terminer ce que nombreuses Queens avant elle ont démarré: introduire la culture Drag dans le monde mainstream, et la faire rester. Rupaul a commencé à être connue dans les années 90 par ses nombreux talents: actrice, chanteuse, écrivaine à ses heures perdues, super model of the world, et aujourd’hui, à la tête d’un des programmes de télé réalité les plus regardés par la communauté LGBT, la fameuse Drag Race.

Drag Race c’est un peu les hungers games des drag queens, une sorte de America’s next top model, version paillettes, humour, et beaucoup de « shade » (je ferai un article sur le langage LGBT+ plus tard). Le programme montre, en plus d’une grande diversité de personnalités et de types de drag, le travail énorme que ça représente pour passer de ça

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à ça

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COUCOU MISS FAME

Bref, l’impact culturel est tel que même les queens parisiennes ont adopté les mimiques, les références et pour certaines, des codes esthétiques de nos copines outre atlantique. Sans parler bien sûr, du langage Queen, qui lui se répand de plus en plus dans le milieu LGBT, voire… hétéro… YAAASSSSS

4) DRAG QUEENS ET OSTRACISME

Alors, disons le franchement, être une drag queen c’est pas facile. Je ne parle pas uniquement du travail que cela représente, ni de la force d’esprit que doit représenter faire un tuck complet…(je vous mets ici un lien illustré sur ce qu’est un tuck et comment le faire pour les curieux). Je parle aussi du contexte social dans lequel elles évoluent.

Parlons homophobie pour commencer… ça facile… on y est confrontés tous les jours. Mais en tant que drag queen, en plus d’être attaquée par le monde hétéro ignorant, vous devez très souvent faire face à l’homophobie latente de votre propre camp. Car oui, on a tendance à oublier un peu d’où on vient et surtout, à respecter les autres pour ce qu’ils sont. Il est très fréquent de voir dans le milieu même LGBT+ des insultes, des discriminations, des moqueries envers ces créatures fabuleuses, parce qu’elles ne rentrent pas dans le moule hétéronormé dans lequel nous sommes contraints de survivre. Moule d’ailleurs, qui pousse certains homos à faire de l’hétérosexualité surjouée, prônant la masculinité et la virilité par dessus tout, sous prétexte que « on est gays on aime les hommes pas les femmes »… je ne vais pas m’étendre sur le sexisme crasseux que ce type de phrase représente à mes yeux… mais le fait de repousser et marginaliser une personne parce que il ou elle, exprime sa personnalité d’une façon différente, va à l’encontre absolue des valeurs pour lesquelles le mouvement gay a été lancé au départ. Pas étonnant puisque les communautés les plus stigmatisées sont les premières à s’affliger leurs propres stéréotypes.

Et puisqu’on parle de stéréotypes, il faut également savoir que la communauté queen est très souvent attaqué par les camps féministes, qui jugent que leurs représentations de la femme sont bien souvent trop stéréotypées et rappellent, renforcent et d’une certaine manière justifient cette société hétéronormée et hétérosexiste dans laquelle on vit. C’est un peu le serpent qui se mord la queue, puisque les Queens vont passer pour des grosses misogynes, ou en être les malheureuses victimes (cf paragraphe juste au dessus).

5) « IF YOU CAN’T LOVE YOURSELF, HOW IN THE HELL ARE YOU GOING TO LOVE SOMEBODY ELSE »

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Cette phrase répétée inlassablement par Rupaul à la fin de chaque épisode devrait résonner dans la tête de tout un chacun. Il est évident que des clivages existent dans notre société, et ce à de niveaux très différents. Nous ne sommes pas tous affectés par ces guerres de la même façon: en fonction de notre classe, race, éducation, etc… nous percevons tous ces mouvements différemment.

*Attention les violons de Titanic se mettent à jouer à ce moment*

Cependant, et là je m’adresse aux membres de la communauté LGBT+ particulièrement, il faut apprendre à respecter et accepter, que les autres ne soient pas le reflet de ce que vous êtes. Chacun est libre de se catégoriser comme il le souhaite, de se sentir plus ou moins proche de tel groupe social, mais il faut apprendre à vivre également avec les autres

Or cela passe avant tout, par l’acceptation de ce que vous êtes, et d’où vous venez. Sortez donc un peu plus dans le milieu, rencontrez de nouvelles personnes, apprenez à vous ouvrir et à connaître de nouvelles choses, à l’occasion vous rencontrerez peut être une de ces créatures fabuleuses de la nuit ! Au lieu de jauger, pensez au travail qu’elle a passé pour arriver à ce résultat (le tuck toujours le tuck) et lancez lui un compliment et laissez le faire son effet… je ne vous garantit pas que vous survivrez à cette soirée… mais si c’est tel est le cas, je vous assure que vous voudrez à tous les coups recommencer.

D’ailleurs… la rumeur dit qu’une petite sauterie aurait lieu le 27 mars aux Souffleurs, en compagnie de quelques copines de la scène Parisienne, puis le 30 mars avec des beautés pailletées au Point Ephemere!! J’en ai déjà plein le slip !! (des paillettes j’entends).

Les events FB par ici:

Les paillettes dans laideur 30 mars Point ephemere

Extravaganza ! Oh my gode!! 27 mars aux Souffleurs

giphy (12)

Now… SASHAY AWAY

Sources:

Fabulous History of Drag

From Ancient Greece to Angry Inch, Take a Look at the History of Drag in Theatre

How Drag Queens Work

Wikipedia:

Drag

Divine

Drag Queen

Theorie de l’auto catégorisation

Théorie de l’identité sociale

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