#3 GAYBORHOOD

Wesh voisins,

Il y a quelques jours encore j’étais en train de me promener en plein coeur du Castro à San Francisco et je me suis posé tout plein de questions.

San Francisco est par définition une ville incroyable, vous ne rencontrerez jamais personne sur terre qui vous dira que c’est naze. Il y a dans cette ville une espèce d’atmosphère pleine d’amour et de liberté que vous trouverez rarement ailleurs, surtout aux USA. La weed y est sûrement pour quelque chose… #trustme.

FullSizeRender
Petit mural sympatoche en plein coeur du Castro

Le Castro est le coeur de la communauté gay à San Francisco, et quand je dis le cœur je n’exagère pas. A Castro, on se sent bien, on se sent comme à la maison, on croise des copains et des copines partout et on se sent libres de faire ce qu’on veut (peuvent témoigner tous les gens nus croisés dans la rue <3).

Quoi qu’il en soit, j’en suis venu à me demander pourquoi je ressentais ce sentiment d’appartenance dans ce quartier aux USA et pas dans le Marais à Paris ? Qu’est ce qui fait qu’un quartier soit considéré comme un quartier gay? et puis d’abord c’est quoi un quartier gay ?

Voilà à quoi ont abouti mes recherches:

La notion de quartier gay aurait trouvé racine aux USA justement, suite aux différents mouvements sociaux qui ont eu lieu dans les années 60. J’en parlais un peu ici.  La notion n’est arrivée en France, et notamment à Paris dans Le Marais que dans les années 80 (avec la dépénalisation de l’homosexualité et la rénovation du quartier des Halles). Il est important de se rappeler que si aujourd’hui ces endroits favorisent les rencontres échanges et visibilité de la communauté homosexuelle, cela n’a pas toujours été le cas…  Les ‘quartiers gay’ sont en effets nés d’un besoin de la communauté d’échapper au regard public, loin du rejet et du mépris.

Pensez y la prochaine fois que vous irez vous acheter votre paire de Louboutins dans le Marais… 

Au début donc, ces endroits dans les villes (choisis en général de façon stratégique afin de rester dans la discrétion) étaient le repère de ‘marginaux’ attirant des artistes, des penseurs libres, etc. Tout naturellement, des commerces et services destinés à la communauté homosexuelle se sont développés dans et autour de ces zones entraînant en général un processus de gentrification (je pense que c’est le mot le plus intelligent que j’ai appris depuis longtemps).

Aujourd’hui, avec l’évolution progressive des mentalités tout cela a changé bien entendu, en tout cas en France (et c’est sûrement la raison pour laquelle aujourd’hui je n’arrive pas à me sentir comme chez moi dans le Marais). Ici en France, nous n’avons pas réellement été confrontés aux mouvements sociaux qui ont fait basculer le monde n’est ce pas? nous ne pouvons donc pas comprendre aussi bien que nos copains américains tout ce que cela implique. De plus, grâce à l’acceptation de plus en plus normative de notre communauté, nous autres créatures fabuleuses cherchons de plus en plus à nous mêler au reste de la population, délaissant de ce fait ces endroits qui autrefois étaient nos abris. Mais est ce la seule raison?

Le sociologue Colin Giraud explique dans les Inrocks les effets pervers de la gentrification, notamment la dénaturation de l’objectif principal de ces endroits. On peut le voir dans Le Marais, qui est devenu aujourd’hui surtout une vitrine géante pour des grandes marques et des commerces hors de prix. Tout comme les prix des loyers qui sont absolument prohibitifs. La fonction du quartier a complètement changé pour la plupart d’entre nous aujourd’hui, se résumant en général à un endroit propice à la consommation sexuelle (et plus si affinités) et de fringues en friperie.

De plus en plus de commerces historiques et symboliques ferment leurs portes, au profit de nouvelles enseignes qui souhaitent s’approprier le quartier. Le hammam de la rue des Rosiers, Le Central et plus récemment l’Agora Presse, ne sont que des exemples de lieux symboliques voués à disparaître.

Liquidation à l'Agora, littéralement
Liquidation à l’Agora, littéralement

Et la suite ?

Et bien tout naturellement les gays ont tendance à migrer vers d’autres horizons, préférant des lieux plus calmes et plus accessibles. Sans pour autant réussir à recréer cette notion de « quartier gay »

Mais ce n’est pas vrai partout. Comme je vous le disais, certaines villes ont réussi à conserver cette notion de communauté au coeur de leurs quartiers gays, c’est le cas du Castro à San Francisco, mais aussi Le Village à Montreal ou encore Greenwich à New York.

Même si la notion de quartier gay a un peu perdu de sa valeur aujourd’hui, elle n’en reste pas moins une réalité, qu’il serait important de valoriser d’avantage.

Ces quartiers constituent après tout des « lieux de mémoire, témoin d’une époque et des transformations sociales décisives pour [la communauté] » selon C. GIRAUD. On ne peut qu’être d’accord avec lui.

Liens:

Comment et pourquoi naissent les quartiers gay?

Page wiki: Quartier gay

GAY-ographie de Paris

Le Marais va t il rester le quartier gay de demain?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s